17 mai 2011
Libres propos de Jean-Claude Altherr, conseiller régional d’Alsace
L’épargne
Les économistes classiques, réfutant les erreurs mensongères de leur temps, nous ont démontré que l’épargne, si elle est la plus sage conduite de chaque individu, est aussi la plus sage conduite des nations. Ils ont prouvé que l’épargnant raisonnable, qui met de côté pour ses besoins futurs, loin de nuire à la société, la sert. Mais aujourd’hui, cette antique vertu, tout autant que les arguments présentés pour sa défense par les économistes classiques, est une fois de plus discutée par des raisonnements prétendument nouveaux, tandis qu’on met à la mode l’attitude inverse, celle du gaspillage : c’est la vision du capitalisme mondial. Celui-ci instaure la quantité au détriment de la qualité dans tous les domaines, qui vont de la nourriture au confort personnel ! On se sert du mot épargne par exemple dans deux sens différents : parfois pour signifier la thésaurisation d’argent, parfois pour dire placement d’argent, et sans préciser dans quel sens on l’emploie, gardant la confusion entre eux. Il est s’avère vrai qu’accumuler de l’argent, billet sur billet, sans raison et sans cause justifiée, et ce, sur une large échelle, est nuisible dans presque tous les cas. Mais cette sorte de thésaurisation est extrêmement rare. Quelque chose qui lui ressemble, mais doit en être distingué soigneusement, est ce qui se produit après une dépression dans les affaires. On réduit alors et la dépense et le placement. Les clients n’achètent plus. S’ils s’abstiennent ainsi, c’est pour une bonne part qu’ils craignent de perdre leur travail et qu’ils désirent conserver leur argent le plus possible ; et s’ils le font, ils veulent faire durer leur pouvoir d’achat sur une longue période au cas où ils perdraient leur emploi … et c’est pour cette raison aussi que l’économie stagne.
Il faudra privilégier l’épargne car grâce aux placements, la richesse et le revenu national se développeront, il y aura plus d’entreprises, d’usines et de production qu’auparavant … Mais entre nous, mes chers amis, nous n’échapperons pas à une phase d’efforts intenses, car n’est-il pas déjà bien tard !
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L’Histoire nous dit que partout, la sagesse des nations nous a enseigné les vertus de l’épargne, et mis en garde contre les funestes conséquences du gaspillage. Cette sagesse des vieux proverbes reflète le fond de la morale commune ainsi que les conclusions prudentes issues de l’expérience humaine. Ma grand-mère, par exemple, en bonne alsacienne, me disait toujours : « spare in der Zeit, dann hast du in der Not ». Cela veut dire : épargne à temps, ainsi tu en auras dans le besoin. Cela n’empêche pas qu’il y a toujours eu des prodigues et des intellectuels pour justifier leur conduite de gaspillage.
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